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Comme nous l’évoquions dans un précédent article publié le 24-10 (https://tourisme.echappee-biere.fr/le-reinheitsgebot-kezako/), initialement, en 1516, le Reinheitsgebot devait protéger le prix des céréales et par voie de conséquence celui de la bière et ses matière premières, limitées ici à trois ingrédients : eau, orge et houblon !

Néanmoins, ce décret connut plusieurs assouplissements locaux ( en Bavière donc…) dès le XVIe siècle, avec en 1548,  une autorisation spéciale faite au Baron Montagne Degen de brasser avec du blé et en 1551, celle d’utiliser du laurier et de la coriandre.
Ce n’est qu’à la fin du XVIIe siècle que la levure est ajoutée aux ingrédients permis…
1871 : unification de l’Allemagne ! Comment appliquer cette règle aux brasseurs du reste de l’Allemagne qui, eux, pouvaient utiliser, comme dans le Nord de l’Allemagne, du blé, des épices et des fruits… ?
Conséquence immédiate pour le marché allemand : bon nombre de styles de bières furent éliminés. La créativité génératrice de diversification fut elle aussi bridée…

Le Reinheitsgebot aujourd’hui.

A l’heure de la  « craft beer revolution », bien évidemment que cette loi et ses conséquences peuvent paraître limitatives.
Cependant, ces mêmes contraintes ont permis aux brasseurs bavarois de créer de nombreux styles de lagers comme la Helles, la kellerbier, la märzen, la bockbier, la schwarbier et la rauchbier… Une Dunkel, lager brune, n’exprime-t-elle pas au mieux les subtilités du malt, avec un beau moelleux en bouche et de belles notes biscuitées ?
Voilà tout le paradoxe de l’évolution de ce décret : à trop vouloir protéger les brasseurs et les bières fabriquées selon cette règle, il limita  certes la créativité mais accentua la technique des styles de bières allemandes !
A l’heure du règne des IPA de tous poils, aux amertumes ravageuses, qui peuvent être très souvent déséquilibrées et faire preuve d’une technique hasardeuse, les Doppelbock n’ont elles plus leur mot à dire ?
La « Zoigl » , bière trouble, ambrée et maltée, limitée à l’est de la Bavière, n’exprime-t-elle pas pleinement la fraîcheur des céréales à  peine cuites ?… Le style  « Berliner Weisse », ou Blanche de Berlin(!),  n’est-il pas revisité, voire plagié, par les « sour ales » actuelles ?

Le Reinheitsgebot : grand gagnant, le consommateur ?

 

Bref…le point commun entre ce Reinheitsgebot et le marché actuel n’est-il pas au final le consommateur ?
Consommateur protégé par la Reinheistgebot, dans le contexte social et sanitaire de 1516…
Consommateur de 2018, à l’appétit vorace, prompt à (re)découvrir les richesses de la bière…
Le dénominateur commun : la qualité ! In fine, c’est ce même consommateur, de plus en plus curieux de saveurs et de qualité qui agite le marché brassicole actuel et délimitera sa croissance future. C’est donc à ces bières, produit du Reinheitsgebot ou du mouvement Craft Beer, de trouver leurs marchés…
Pour en finir avec ce Reinheitsgebot, sa méconnaissance  n’attise-t-elle pas une forme de curiosité ?
Ce décret qui initialement, interdisait toute substitution, ne ne substitue-t-il pas au plus efficace des plans marketing ?
Son seul nom, n’est-il pas LE marqueur des bières allemandes ou bavaroises ?
C’est cette curiosité qui fait déplacer (en partie)  quelques six millions de touristes à Munich  chaque année pour en faire la plus grande fête du monde !
L’occasion de découvrir Munich, ses brasseries, biergarten, la Bavière et de s’initier à un nouvelle forme de tourisme porté par L’Echappée Bière : le tourisme brassicole (https://tourisme.echappee-biere.fr/produits/visite-de-brasserie/) !
Ce sera l’objet d’un futur article !  Munich et l’Oktoberfest… »

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